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Karthala360par Discovermores

Faune et flore du Karthala

Une île volcanique isolée au milieu de l’océan : les espèces qui y sont arrivées ont évolué seules. Plusieurs oiseaux n’existent que sur les pentes de ce volcan.

Étages de végétation

Cinq étages, du village au sommet

Ce que l’on traverse en montant depuis Mvouni. Les altitudes sont indicatives : elles varient selon le versant et l’exposition, et la forêt a reculé là où elle a été défrichée.

  1. ≈ 2 100 – 2 361 m

    Fourré éricoïde et sommet

    Bruyères basses, immortelles (Helichrysum), séneçons et lichens, puis les laves nues de la caldeira. Peu d’espèces, mais très adaptées au froid et au vent.

  2. ≈ 1 800 – 2 100 m

    Savane arbustive à bruyères

    Bruyères arborescentes (Philippia comoriensis), Cussonia spicata, Brachylaena. C’est le domaine du zostérops du Karthala.

  3. ≈ 1 200 – 1 800 m

    Forêt dense humide et forêt de brouillard

    Grands arbres endémiques, fougères arborescentes (Cyathea), orchidées, mousses et lichens. Le cœur de la biodiversité du massif.

  4. ≈ 800 – 1 200 m

    Fourrés de goyaviers

    Forêt dégradée envahie par le goyavier de Chine (Psidium cattleyanum), une plante introduite qui empêche la forêt de repousser.

  5. Littoral – ≈ 800 m

    Cultures et villages

    Bananiers, cocotiers, manioc, manguiers, girofliers, vanille : un paysage façonné par les habitants, où l’on part à pied depuis Mvouni (≈ 370 m).

Oiseaux

Quatre oiseaux qui font la réputation du Karthala

Le massif est reconnu par BirdLife International comme une zone importante pour la conservation des oiseaux (14 228 ha). Ces quatre espèces sont endémiques de la Grande Comore, et deux d’entre elles n’existent que sur le Karthala.

Petit-duc du Karthala

Otus pauliani

En danger

N’existe que sur le Karthala. Petit hibou sans aigrettes d’environ 20 cm, nocturne, dans la forêt de montagne et les bruyères. Population estimée à environ 2 000 individus. Son chant, un sifflement répété environ chaque seconde, s’entend la nuit.

Zostérops du Karthala

Zosterops mouroniensis

Quasi menacé

N’existe que sur le Karthala, dans les bruyères arborescentes d’altitude. Environ 13 cm, dos olive, dessous jaune-vert, cercle blanc autour de l’œil. Une éruption importante pourrait détruire une grande partie de son habitat.

Gobemouche de Humblot

Humblotia flavirostris

Vulnérable

Endémique de la Grande Comore, dans la forêt des pentes du Karthala. Population estimée entre 10 000 et 19 000 individus, en déclin. Menacé par la perte de forêt, le goyavier de Chine, et par le martin triste et les rats qui pillent les nids.

Drongo de Grande Comore

Dicrurus fuscipennis

Vulnérable

Endémique de la Grande Comore. Grand oiseau noir d’environ 24 cm, qui se nourrit de fruits et de gros insectes. Menacé par la transformation de la forêt en cultures.

Autres oiseaux endémiques des Comores présents sur l’île

  • Fauvette de Grande Comore (Nesillas brevicaudata)
  • Merle des Comores (Turdus bewsheri)
  • Souimanga de Humblot (Cinnyris humbloti)
  • Bulbul de Grande Comore (Hypsipetes parvirostris)
  • Perroquet noir des Comores (Coracopsis sibilans)
  • Échenilleur des Comores (Ceblepyris cucullatus)
  • Tchitrec bleu des Comores (Cyanolanius comorensis)

Statuts de la Liste rouge de l’UICN tels que publiés au moment de la vérification ; ils sont réévalués régulièrement.

Mammifères et reptiles

Chauves-souris, geckos et caméléons

Roussette des Comores

Rousettus obliviosus

Vulnérable

Chauve-souris frugivore des Comores (Grande Comore, Mohéli, Anjouan). Elle affectionne les tunnels de lave, nombreux sur un volcan jeune comme le Karthala.

Gecko diurne des Comores

Phelsuma comorensis

Quasi menacé

L’un des plus petits geckos diurnes (≈ 12 cm), vert à rayure rousse, endémique de la Grande Comore. Vit dans les arbres, à partir d’environ 600 m.

Caméléon de Grande Comore

Furcifer cephalolepis

Préoccupation mineure

Endémique de la Grande Comore, dans les zones humides et les forêts. Plus de 15 000 individus ont été exportés pour le commerce entre 1994 et 2008.

Sur l’île vivent aussi des espèces introduites par l’homme, comme le tenrec, la civette, les rats ou le martin triste. Certaines menacent les oiseaux endémiques.

Flore

Les arbres de la forêt du Karthala

La forêt dense humide réunit de grands arbres dont beaucoup sont endémiques des Comores :

  • Khaya comorensis, un acajou au bois précieux, devenu rare ;
  • Ocotea comoriensis et Eugenia comorensis ;
  • Weinmannia comorensis et Nuxia pseudodentata ;
  • Tambourissa, et le palmier Ravenea hildebrandtii.

Sur leurs troncs poussent des orchidées, des fougères, des mousses et des lichens : dans la forêt de brouillard, l’humidité des nuages suffit à les nourrir.

Plantes médicinales

Les plantes qui soignent

Aux Comores, la médecine par les plantes reste le premier recours de nombreuses familles. Une revue scientifique publiée en 2020 recense 207 espèces utilisées dans l’archipel, dont 9 endémiques. La plupart poussent au pied du volcan, dans les cours et les champs ; d’autres viennent de la forêt.

Change-écorce

Aphloia theiformis · mfandrabo

Arbuste indigène des forêts des Comores, de Madagascar et des Mascareignes.

Usages traditionnels
Troubles digestifs, fatigue musculaire, tension. Il entre dans le « thé comorien ». En laboratoire, des extraits de ses feuilles ont montré une activité anti-inflammatoire.
Préparation
Infusion de feuilles

Gros thym

Plectranthus amboinicus · parovi, nyadombwe

Cultivé dans les cours des maisons, au pied du volcan.

Usages traditionnels
Toux, digestion, règles douloureuses ; selon les régions, aussi rhumatismes, paludisme et furoncles.
Préparation
Infusion de feuilles ; également utilisé en cuisine

Basilic africain

Ocimum gratissimum · rule

Cultivé ou spontané près des villages.

Usages traditionnels
Maux de ventre, mal de gorge, mycoses de la peau.
Préparation
Infusion de feuilles

Basilic

Ocimum americanum · sadzani

Cultivé dans les jardins.

Usages traditionnels
L’une des plantes aux usages les plus nombreux de l’archipel : maux d’estomac, coliques, récupération après l’accouchement, grippe.
Préparation
Infusion de feuilles ; inhalation contre la grippe

Citronnelle

Cymbopogon nardus · sandze

Cultivée en touffes dans les cours.

Usages traditionnels
Aide à la digestion ; réputée faire baisser la tension.
Préparation
Décoction de feuilles fraîches ou séchées

Cannelier

Cinnamomum verum · mdarasini

Arbre introduit, planté dans les cultures.

Usages traditionnels
Maux d’estomac, règles douloureuses, accouchement.
Préparation
Infusion de feuilles ; décoction avec des clous de girofle

Pois de cœur

Cardiospermum halicacabum

Liane des lisières et des friches.

Usages traditionnels
Feuilles contre l’eczéma, les furoncles, l’impétigo et les rhumatismes ; racines contre les vertiges.
Préparation
Cataplasme ou décoction selon la partie utilisée

Herbe aiguille

Bidens pilosa

Herbe commune des bords de chemin.

Usages traditionnels
La plante aux usages les plus variés de toute la pharmacopée comorienne, selon la revue scientifique de 2020.
Préparation
Selon l’usage : infusion, décoction ou cataplasme

Noms comoriens donnés en shingazidja lorsqu’ils sont connus ; ils varient d’un village et d’une île à l’autre.

Comment on les prépare

Infusion

Les feuilles, fraîches ou séchées, sont laissées quelques minutes dans de l’eau très chaude. C’est la préparation la plus courante, celle du « thé comorien », qui mélange plusieurs de ces plantes.

Décoction

Les feuilles dures, les écorces ou les racines sont mises à bouillir dans l’eau, pour en extraire davantage.

Cataplasme

Les feuilles sont écrasées et posées directement sur la peau, pour les plaies, les furoncles ou les douleurs.

Inhalation

On respire la vapeur d’une décoction chaude, la tête couverte d’un linge, contre le rhume ou la grippe.

Ce sont des savoirs traditionnels, pas des conseils médicaux. Une plante naturelle n’est pas sans danger : les chercheurs rappellent que plusieurs espèces utilisées sont toxiques à certaines doses. Femmes enceintes, enfants, personnes sous traitement : demandez l’avis d’un médecin.

Dans le Parc national, on ne cueille rien. Les plantes utilisées au quotidien viennent des jardins et des marchés, jamais de la forêt protégée.

Pendant la montée, demandez à votre guide le nom des plantes que vous croisez et ce qu’on en fait dans son village.

Menaces et protection

Ce qui menace cette nature, et ce qui la protège

Les menaces

  • Le défrichement pour l’agriculture et la coupe de bois
  • Le goyavier de Chine, qui envahit la forêt dégradée
  • Les animaux introduits qui pillent les nids (rats, martin triste)
  • Les éruptions, qui peuvent détruire une partie des landes d’altitude
  • Les déchets et le piétinement hors des sentiers

Les protections

  • Parc national du Karthala : 26 214 ha, créé en 2010
  • Site Ramsar depuis le 12 novembre 2006
  • Zone importante pour la conservation des oiseaux (BirdLife International)
  • Inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO

Pendant nos sorties

  • On reste sur les traces et on ne cueille rien
  • Pas de bruit ni de lumière vers les oiseaux la nuit
  • Tous les déchets redescendent
  • Les guides notent les espèces observées dans l’Espace Data ; les positions des espèces menacées ne sont jamais publiées

Notre charte et la contribution environnementale

Observer cette nature sur le terrain

Le zostérops se voit dans les bruyères d’altitude, tôt le matin. Le petit-duc s’entend la nuit, depuis le bivouac. Choisissez la formule qui passe par ces étages.

Sources

Sources consultées en septembre 2026. Une erreur ou un complément ? Écrivez-nous : cette page est mise à jour au fil des vérifications.

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